LIVRE – « Le Jutland (1916) la plus formidable bataille navale de tous les temps »

Triste signe d’une faible activité dans l’étude de l’histoire navale en France, il n’existe de façon surprenante qu’un ouvrage récent écrit par un français sur la bataille du Jutland. La plus grande bataille navale de la première guerre mondiale a pourtant eu un lourd impact sur les choix stratégiques du conflit suivant. François-Emmanuel Brézet, historien et ancien officier de marine, y a pourtant consacré un ouvrage en 1992 et réédité en 2011 chez Economica.

Outre une approche pédagogique, l’auteur, très versé dans l’histoire de la marine allemande, y offre une analyse remontant aux « origines » de cette bataille. A savoir une course à la guerre navale entre le Royaume-Uni et l’Empire Allemand et ce, dès la fin du 19ème siècle. Une excellente façon de se rappeler encore une fois que la « Grande Guerre » ne s’est pas créée ex-nihilo suite à l’attentat de Sarajevo. C’est donc l’escalade à la guerre entre un empire colonial dont la puissance navale n’a jamais été remis en cause depuis Trafalgar et une puissance terrestre dont le souverain va mettre la puissance industrielle au service de sa marine et de son expansion à venir que détaille Brézet.  Passée cette introduction, le livre se consacre pendant près d’une centaine de pages sur la bataille proprement dite. Cette dernière est d’ailleurs à cheval entre deux époques: si l’on se bat à bord de puissants bâtiments ayant délaissé la voile et les sabords, l’observation visuelle et l’intuition des chefs restent les éléments clés de la tactique navale, c’est Trafalgar à l’époque du cuirassé! Le livre devient alors un croisement entre le récit et l’analyse et réussit à ne pas devenir aussi confus que l’affrontement après l’engagement des croiseurs de bataille et l’arrivée des flottes principales. Il est passionnant de redécouvrir à quel point de nombreux « ratés » ou simple hasard firent constamment se mettre sur le fil l’issue d’une bataille qui restera sans réels vainqueurs, tant l’idée erronée de la « bataille décisive » avait imprégné les esprits. Agrémenté de nombreuses photos et notamment schémas auxquels le lecteur devra parfois se référer, le récit s’achève sur les nombreux questionnements que cette « victoire/défaite » incomplète donna et comment les deux camps y firent face. Au vu de nombreuses études à l’occasion du centenaire c’est peut-être le seul point qui « a mal vieilli » dans l’étude de Brézet. Toutefois, le reste de l’ouvrage mérite amplement l’achat que le lecteur pourra compléter avec le numéro 22 de la revue Los! ayant récemment consacré un important dossier à cette bataille sans victoire qui fut le seul engagement naval d’importance de la Grande Guerre.

IMG_0499

Le Jutland (1916), en vente sur le site d’Economica.

Publicités


Catégories :Classiques

Tags:, , , , , , , , ,

2 réponses

  1. JUste une petite question, les superbes peintures qui illustrent cet article peuvent être trouvées qq part ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :